L’éducation lente

Le concept d’éducation lente a émergé ces derniers temps. Plusieurs livres sont sortis sur le sujet, je n’ai lu que des critiques de ces livres, et pas encore les textes eux-mêmes car je ne les trouve pas dans mes bibliothèques. Aussi, je me suis formée ma propre conception de l’éducation lente. Pour moi, ce type d’éducation va de pair avec une éducation anti consumériste (mais ce n’est pas très original comme idée si on pense par exemple au concept de slow food). Je vais essayer de raconter plusieurs choses que nous faisons avec ma petite lutine qui me semblent appartenir à ce concept d’une éducation lente.

Tout d’abord, j’essaie de matérialiser le processus de création des choses avec ma fille. L’exemple le plus simple est la nourriture. J’aime que ma lutine me voit fabriquer du pain (ou mieux encore si elle est motivée le fasse avec moi), qu’elle comprenne ensuite qu’il faut attendre longtemps que le pain lève, puis qu’il cuise, et enfin qu’il refroidisse. La lutine le regarde souvent dans le four. Elle a ainsi conscience de la durée du temps, de la lenteur nécessaire à la fabrication de cet aliment.

Cette démarche touche également le domaine des jouets.

Je dessine moi-même tous les coloriages de la petite lutine. Elle réclame souvent des princesses (!!!), alors je cherche un modèle sur internet, puis je recopie, avec plus ou moins de succès. Mais l’important n’est pas la ressemblance du dessin, ni les bonnes proportions. L’important c’est ce temps, cette durée, pendant laquelle elle m’a regardé préparer son coloriage, se réjouissant à l’avance de chaque détail ajouté. Nous avons commencé aujourd’hui les mandalas en coloriage. Elle était enchantée de me voir ajouter chaque nouvel ornement concentrique. C’est même elle qui me rappelle à l’ordre si j’oublie des détails, même si ça implique que la préparation du coloriage dure bien plus longtemps.

De même, nous fabriquons certains jouets : les personnages de la table de nature, nous avons fait un puzzle en bois… Je tricote certains éléments de déguisement : elle me regarde faire et se réjouit à l’avance.

L’éducation lente, c’est aussi laisser du temps à l’enfant pour jouer tout seul. Ma mère disait toujours qu’un enfant doit s’ennuyer. Avec la lutine, c’est raté (ou justement réussi ?). Je crois que je n’ai jamais entendu les mots “Maman je m’ennuie”. Elle trouve toujours quelque chose à faire. Elle joue avec ses cailloux, ses glands, ses noisettes… Elle passe des heures à fabriquer des lits pour ses poupées, ses peluches et tout objet susceptible d’être allongé dans un lit. Pour ceci, tout y passe : les couvertures tricotées pour ses poupées évidemment, mais aussi mes foulards, les mouchoirs en papier…

Nous nous promenons aussi beaucoup. Et là, la lenteur fait appel à ma patience. En effet, en promenade, la petite lutine trouve toujours une multitude de choses à regarder, à faire, et ceci tous les trois mètres. Alors quand j’ai fait le choix de faire une promenade avec elle, et pour elle, je me force à accepter la lenteur de son rythme, son émerveillement spontané sur toutes les bestioles et les cailloux que l’on croise. Je réfrène mon impatience lorsque qu’elle se baisse pour la 50ème fois pour ramasser du merveilleux “sable blanc” de princesse. Et au final, j’essaie de trouver moi aussi la capacité à m’émerveiller d’un rien, à profiter du paysage, du soleil (ou pas…), et de juste prendre l’air. Je pense que cette DSCN1437lenteur accordée à l’enfant dans les promenades est aussi une aide précieuse pour lui faire apprécier cette activité.

Pour conclure sur l’éducation lente, je dirais qu’il s’agit de suivre le rythme de l’enfant, et de suivre le rythme naturel des choses, des créations diverses, de la nature. Et peut-être que ça nous fait du bien à nous aussi.

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