Histoire de peinture

Aujourd’hui avec ce beau soleil, j’ai eu envie de vous offrir une nouvelle histoire que j’ai écrite. Je me suis inspirée du tableau d’un peintre que j’affectionne énormément : Chagall. Cette histoire est partie du souhait d’aider l’enfant à regarder la toile plus longtemps, à s’attarder sur les détails, à faire preuve d’imagination. Selon les sites internet, ce tableau est appelé Le Bouquet de Paris ou Vue de Paris. Je n’ai pas trouvé le musée dans lequel il est exposé (si quelqu’un le sait, cela m’intéresse !)

enfant art activité pédagogique sur la peinture

Source : https://ramonchao.wordpress.com/2012/03/14/marc-chagall-1910-1985/

Pour ceux qui voudraient l’utiliser dans un cadre pédagogique, j’ai mis une proposition à la fin de l’article. Voici donc l’histoire :

Le Bouquet de Paris

Il était une fois un peintre qui vivait tout seul dans une petite cabane au milieu d’un champ. Il faisait de très beaux tableaux, mais n’arrivait pas à les vendre, ce qui fait qu’il était très pauvre. Dans son armoire, il y avait un seul costume qui ne soit pas trop abîmé, un costume vert bouteille. Il le portait une journée, et ce jour-là, il pouvait aller se promener en ville et sur les routes. Le lendemain, il fallait laver le costume et le peintre restait toute la journée en chemise de nuit, enfermé dans sa cabane.

Sa seule amie était une chèvre rouge. Elle broutait l’herbe du champ, et lui donnait son lait pour le nourrir.

Le peintre aimait par-dessus tout peindre des paysages de la ville de Paris. Aussi, il allait souvent se mettre sur une colline face à la Seine, plantait son chevalet dans le sol, et peignait pendant des heures. Il emmenait sa chèvre rouge avec lui. Ainsi elle n’était pas seule, et pouvait goûter d’autres herbes que celles de son champ.

Un soir qu’il peignait à la lueur de la lune, il crut voir une femme voler dans le ciel. Il se frotta les yeux, persuadé d’avoir rêvé.

Mais non, c’était vrai, il y avait, au-dessus des toits de Paris, la jeune femme la plus belle qu’il avait jamais vue. Il en tomba immédiatement amoureux. Il voulut l’appeler, il cria, fit des signes avec ses bras, mais rien n’y fit, elle continua à voleter dans le ciel sans lui prêter d’attention, et disparut derrière un grand immeuble.

Le lendemain, le peintre se morfondit toute la journée dans sa cabane. Il ne pouvait pas sortir, le costume vert venait d’être lavé et séchait. Le peintre passa toute la journée à tourner en rond en répétant :

« Comment puis-je attirer son attention ? »

A midi, sa chèvre rouge passa la tête par la fenêtre :

« Bêêê… arrête un peu de tourner, tu me donnes le tournis.

– Rougette, essaie de me comprendre, si je n’arrive pas à parler à cette jeune femme, je crois bien que j’en mourrai !

– Bêêê, que vous êtes bêêêtes vous les humains ! Tu n’as pas vu que cette jeune femme était une fée ?! Les fées n’écoutent pas les humains, sinon elles auraient vite mal à la tête puisque vous passez votre temps à parler pour ne rien dire. »

Le peintre, vexé, voulut faire une remarque, mais la chèvre rouge ne lui en laissa pas le temps.

« Bêêê, demain, si tu veux, je l’appellerai pour toi. »

Le lendemain, le peintre partit avec sa chèvre. Il attendit toute la journée et lorsque la lune fut sortie, il aperçut enfin la jeune femme de ses rêves.

La chèvre rouge commença à chanter de sa voix éraillée. Surprise, la jeune femme arrêta son vol, et vint se poser devant le jeune peintre et sa compagne chèvre.

« Bonjour Madame la Chèvre. Vous m’avez appelée ?

– Oui Mademoiselle la fée. Mon ami le peintre souhaite vous parler. C’est un humain vraiment gentil, pas bavard et rêveur. Il est toujours très gentil avec moi. Lorsque j’ai cru mourir de chagrin suite à la mort de mon bouc adoré, il a su me redonner goût à la vie en me peignant en rouge.

– Je vous écoute Monsieur le peintre. »

Le jeune peintre bredouilla quelque chose d’incompréhensible et rougit. La fée éclata d’un petit rire moqueur :

« Et bien, vous peignez vos joues en rouge maintenant ?

– Je… je… je… je suis amoureux de vous !

– Vous êtes très gentil d’après votre amie la chèvre, et vraiment très beau garçon. Malheureusement voyez-vous, je suis une fée. Et les fées n’épousent que des hommes-fées, ou des elfes, ou des magiciens. Vous m’en voyez navrée, vraiment.

– Mais… mais… mais… bégaya le peintre qui ce soir-là décidément, avait du mal à parler, je suis un peintre ! La peinture, c’est de la magie !

La jeune fille réfléchit quelques instants, puis répondit :

« Je vous donne trois jours pour me montrer votre magie, et alors, je vous épouserai… »

Le peintre rentra chez lui, tout heureux. Dans sa tête dansaient des idées de couleurs, de lumières, de formes.

Le lendemain, il courut à la plus grande église de Paris, Notre Dame de Paris, et profitant de l’obscurité de la nuit, monta en haut des tours et fit couler de la peinture rouge tout le long de la façade. L’église sembla prendre feu et devenir une flamme géante.

« Je sais transformer la pierre en feu, un feu gigantesque aussi grand que mon amour pour vous ! » Cria-t-il à la fée. Celle-ci fit le tour de la cathédrale, rougit un peu, et disparut.

Le lendemain, le peintre apporta tous ses tubes de couleur, et peignit les feuilles d’un très grand et très vieux chêne de toutes les couleurs. Le chêne ressemblait à un immense bouquet de fleurs.

« Je fais apparaître des fleurs gigantesques, à la hauteur de mon amour pour vous ! » Cria le peintre à la fée. Celle-ci fit le tour de l’arbre, rougit à nouveau, et disparut.

Le troisième jour, le peintre travailla toute la journée et une grande partie de la nuit. Cette fois, il peignait une petite toile, posée sur son chevalet. La fée était curieuse, elle aurait bien voulu savoir ce qu’il dessinait, mais il ne lui laissa rien voir.

Quand il eut terminé, il retourna la toile vers elle, et elle découvrit que c’était un portrait d’elle, un portrait magnifique, où on pouvait deviner tout ce qui se passait dans son cœur de fée.

« Je sais parler au cœur des fées, chuchota le peintre.

Et à ce moment-là, la fée sentit son cœur battre à toute allure dans sa poitrine. Elle rougit une troisième fois et dit :

« Tu sais transformer les éléments, faire apparaître des fleurs, et parler à mon cœur. Tu m’as convaincue, la peinture est vraiment de la magie. Je vais t’épouser. »

Elle tendit la main au peintre, et ils partirent en volant au-dessus des toits de Paris en direction de la cabane. La chèvre les y attendait. Elle poussa un petit « Bêêêê… » satisfait, et retourna brouter.

J’espère que cette histoire vous a plu ainsi qu’à vos enfants. J’ai très envie d’essayer d’en écrire une série, sur les tableaux qui me plaisent et m’inspirent.

Proposition de scénario pédagogique :

Présenter le tableau à l’enfant. Le décrire avec lui. Selon l’âge de l’enfant, on utilise un vocabulaire plus ou moins technique (les différents plans, figuratif ou non, réaliste ou non, couleurs vives, pastels…), on décrit le plus d’éléments possibles sur l’image.

Puis on peut lire la petite histoire à l’enfant.

Enfin, on peut lui demander à son tour d’imaginer une petite histoire sur un autre tableau. Selon l’âge et le souhait de l’enfant, on le guide avec des questions, le jeu d’imagination reste oral, ou alors on le laisse autonome et à l’écrit.

Le top du top serait de faire cette activité directement dans un musée ! En plus à Grenoble il y a deux tableaux de Chagall, peut-être irons-nous y faire un tour avant l’été.

Quelques tableaux qui pourraient inspirer vos enfants  :

La Charmeuse de serpents de Henri Rousseau (dit Douanier Rousseau)
Arearea de Paul Gauguin
La naissance de Vénus de Sandro Botticelli
Et si l’abstrait les inspire : Composition VII de Wassily Kandinsky

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3 Comments

  • Reply sunlight 11 mai 2015 at 19 h 53 min

    Magnifique histoire. Je me suis laissée emportée aussi par sa magie.
    Oui oui, lancez vous dans cette activité!

    • Reply Adeline 11 mai 2015 at 20 h 07 min

      Merci mille fois ! C’est assez rare d’avoir des retours sur les histoires, alors parfois je me demande si ça vaut le coup de continuer à en publier. Vous m’encouragez beaucoup !! A très bientôt alors j’espère 🙂

  • Reply Concours pour gagner un exemplaire de « Caolan et le leprechaun  | Les découvertes de petite lutine « 17 mai 2015 at 18 h 20 min

    […] le blog en accès gratuit : Le Papi de Maman est mort (une histoire pour accompagner un décès), Le Bouquet de Paris (une histoire sur un tableau de […]

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