Fêter la Saint Martin : préparatifs et conte

Ce soir nous fêtons la Saint Martin. Cette fête est l’occasion de célébrer la générosité, le partage, en rappelant le geste de Saint Martin qui a partagé son manteau avec le pauvre. Dans les régions casténicoles, la Saint Martin est marquée par une dégustation de châtaignes. En effet, la châtaigne est le pain du pauvre et symbolise elle aussi la générosité. La bogue qui s’ouvre rappelle le manteau de Saint Martin qui se coupe en deux.

Pour cette fête, les enfants fabriquent des lanternes, puis défilent en procession en chantant les chants de Saint Martin. On peut jouer la scénette de la rencontre du mendiant ou raconter un conte.

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Source : http://kaffebichle.monsite-orange.fr/saintmartin/index.html

La fête de la Saint Martin s’inscrit dans le milieu de l’automne, et fait partie d’un grand processus qui nous conduit de la lumière de l’été jusqu’à l’obscurité la plus profonde du début de l’hiver autour de la fête du solstice, la fête de Yule qui s’est christianisé dans les fêtes de Noël. Ce processus est expliqué par Freya Jaffke dans l’ouvrage Les Fêtes et le petit enfant :  “Avec la fête de Noël parvient à son accomplissement tout un processus qui s’est poursuivi, des mois durant, dans un profond silence. En même temps que la lumière du soleil diminue, l’âme humaine se retire de plus en plus de la plénitude de lumière et de chaleur du plus fort de l’été, à laquelle elle s’est adonnée si volontiers, pour rentrer en elle-même. En automne, l’équilibre entre lumière et obscurité représente un seuil et, au moment le plus sombre de l’année, une lumière intérieure cherche à briller. Mais, pour que Noël soit un véritable Noël, nous nous efforcerons chaque année à nouveau d’intérioriser la lumière extérieure et de la transformer pour la faire briller à l’intérieur comme à l’extérieur.”

La fête de la Saint Martin fait donc partie des nombreuses fêtes de la saison sombre où la lumière est célébrée, choyée. Le défilé aux lanternes est une façon de symboliser cette importance accordée à la lumière, et ce processus d’intériorisation. On met la bougie dans une lanterne de la même façon que l’on fait rentrer la lumière dans notre cœur, à l’intérieur de nous-même.

fête de la Saint Martin lanternes

Ici nous avons organisé une fête avec les familles de notre coin de forêt. Les enfants ont participé à un atelier de fabrication de lanternes avec L’atelier de Fanny, une artiste créatrice dont vous pouvez admirer les créations pleines de douceur ici. Puis ce soir, nous avons rendez-vous pour marcher à travers la forêt avec les lanternes. A la sortie de la forêt, le défilé s’arrêtera pour le récit de la légende de Saint Martin, avant d’arriver devant chez nous. Hier, nous avons passé tout l’après-midi à préparer deux grosses marmites de soupe (courge et pois cassés), ainsi que du vin chaud. Les mamans des enfants vont apporter des gâteaux, et j’espère que nous passerons tout ensemble un bon moment.

En tout cas petite lutine est très excitée, cela fait une semaine qu’elle compte les jours qui nous séparent de cette fête. Dans l’Avant-Propos du livre sur les fêtesFreya Jaffke écrit : ” Le petit enfant est, par tous ses sens, adonné à ce qui se passe dans le monde, il l’intériorise profondément et c’est tout d’abord dans l’action par imitation qu’il en « saisit » le sens.” Ainsi la lutine vibre entièrement des préparatifs, de la cuisine qui se fait, des lanternes qui se fabriquent. Elle se réjouit de ce chemin à parcourir dans le noir, éclairés seulement par nos petites lanternes.

Voici l’histoire de Saint Martin, arrangée très librement par mes soins :

Il était une fois, il y a très longtemps, un jeune garçon nommé Martin. Martin était né dans une famille possédant de grandes richesses. Son père rêvait d’argent et de gloire. Martin, lui, au contraire, aimait jouer avec les enfants du village et aider ceux qui étaient dans le besoin.

Devenu adulte, il n’avait pas du tout envie de travailler dans le commerce comme son père. Aussi, celui-ci l’obligea à s’engager dans l’armée, en espérant qu’il deviendrait un grand chef de guerre. Martin n’aimait pas la guerre ni les combats, mais il obéit à son père.

Il donna l’argent nécessaire à l’achat de la moitié de son équipement, et l’armée paya l’autre moitié. Puis, son régiment partit en campagne.

Ils chevauchèrent durant de longs jours. L’hiver arriva, la neige se mit à tomber, recouvrant l’immense plaine que l’armée traversait d’un grand manteau blanc. Les flocons tourbillonnaient autour des chevaux. Les bruits des sabots étaient assourdis, on n’entendait presque rien. Les cavaliers s’étiraient en une longue file qui commença à traverser un village. Un mendiant, couvert de minces hardes dont les larges trous laissaient passer le vent sifflant et glacial grelottait, assis devant la margelle d’un puits à l’entrée du village. Il réclama de l’aide aux soldats, mais tous lui rirent au nez. Triste et misérable, il se recroquevilla en gémissant faiblement.

Lorsque Martin, qui faisait partie des derniers de la file aperçut le vieil homme, son cœur fit un bond dans sa poitrine.

« C’est une honte de laisser un être humain mourir de froid ! Tenez Monsieur, seule une moitié de mon manteau m’appartient, mais je vous en fais don de bon cœur. »

Tirant son épée du fourreau, il la brandit, coupa son manteau de soldat en deux et en donna la moitié au vieil homme. C’était un manteau très long et tissé dans une laine épaisse, ce qui fait que le vieil homme put s’en recouvrir facilement et commença à se réchauffer.

L’histoire pourrait s’arrêter là, mais la légende raconte encore une aventure merveilleuse de Martin.

Le jeune homme quitta l’armée car il refusait d’être riche alors qu’il y avait tant de pauvres autour de lui. Il se déplaçait maintenant sur un âne. Mais un soir de novembre, tard dans la nuit, une nuit où il n’y avait pas de lune, l’âne de Martin s’enfuit. Celui-ci était très embêté, et ne savait comment le retrouver dans cette obscurité profonde. Un groupe d’enfants passait par là. Les enfants, en comprenant le problème de Martin, proposèrent de lui venir en aide. Ils coururent chercher des lanternes chez eux, et grâce à la lueur vacillante des bougies, suivirent la piste formée par les crottes de l’animal. Les petites crottes les guidèrent jusqu’au pré où l’âne s’était arrêté pour déguster un gros chardon. Ils le ramenèrent à Saint Martin qui, pour les remercier, transforma les crottes de l’âne… en jolies brioches dorées et sucrées dont les enfants se régalèrent.

Merci de ne pas reproduire cette histoire sans mon accord. Bonne fête de la Saint Martin à tous !

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