Histoire pour Imbolc

Les personnages des trois petites fées ont du succès chez nous (voir conte du solstice d’hiver et de l’Epiphanie païenne), alors j’ai eu envie de continuer avec elles pour la fête d’Imbolc. L’histoire souligne les caractéristiques de cette période à mi-distance entre le solstice d’hiver et l’équinoxe d’été : l’arrivée des premiers perce-neige, le réchauffement de la déesse terre par un soleil qui mûrit peu à peu, la naissance des agneaux.Histoire pour enfants hiver agneau neige forêt

J’espère qu’elle vous plaira. Je pense la retravailler dans les prochains jours et essayer d’en donner également une version vidéo comme pour le conte de l’Epiphanie.

Voici l’histoire :

Ce matin-là, lorsque les petites fées mirent le nez à la fenêtre, la neige scintillait sous le soleil dans la forêt. Le pépiement des mésanges leur fit lever la tête et elles furent éblouies par le bleu éclatant du ciel.

Toutes heureuses après les quatre jours de neige et de brouillard qu’elles avaient vécus, les trois petites fées attrapèrent leurs bonnets et leurs cache-nez et filèrent dehors. Elles voletaient au-dessus des broussailles, s’amusèrent à faire tomber la neige qui alourdissait les branches d’un sapin, admirèrent les entrelacs de la toile qu’une épeire avait tissée entre les branches dénudées d’un noisetier. Elles s’amusèrent à taquiner un vieux lutin qui profitait du soleil, et s’enfuirent dans un éclat de rire cristallin lorsqu’il se mit à rouspéter.

Elyne s’arrêta brusquement et poussa un cri de ravissement :

– Oh ! Quelle jolie fleur !

Ses sœurs l’entourèrent :

– Comment fait-elle pour pousser à travers la neige, demanda Eréa, intriguée.

Le vieux lutin, pas rancunier, s’approcha d’elles et expliqua :

– Cette fleur s’appelle le perce-neige. On lui donne ce nom car elle est capable de percer la fine couche de neige qui recouvre le sol de notre forêt pendant l’hiver. C’est le signe que le soleil qui n’était il y a un mois qu’un bébé commence à devenir un beau jeune homme et à caresser la déesse Terre de ses doux rayons.

Il se pencha vers la fleur et lui releva délicatement la tête du bout du doigt :

– Pour l’instant, poursuivit-il, notre ami le perce-neige est la seule plante à sortir de terre, mais bien cachées, d’autres graines commencent à germer doucement elles aussi, et au début du printemps, nous les verrons pousser de tous côtés.

Pour le remercier de ses explications, les petites fées déposèrent chacune un léger bisou sur son gros nez rougi par le froid. Embarrassé, le lutin reprit sa route en grommelant, mais si quelqu’un l’avait observé, il l’aurait vu sourire dans sa barbe.

Les petites fées continuèrent leur promenade à travers les bois.

Soudain, il leur sembla entendre un gémissement. Elles cherchèrent l’origine de ce cri léger, contournèrent un gros rocher, et découvrirent, allongée sous un sorbier, une brebis qui bêlait faiblement.

Elior se précipita vers elle :

– Bonjour brebis. Comment t’appelles-tu, et que fais-tu là toute seule ?

– Mon nom est Doucie, dit la brebis qui paraissait épuisée. Je me suis égarée il y a deux nuits dans le brouillard, et depuis, je marche sans interruption pour retrouver ma maison. Mais aujourd’hui, j’ai senti que mon agneau allait bientôt naître et j’ai dû m’arrêter pour me reposer. J’ai froid, et j’ai peur pour mon agneau. Il risque de mourir si je n’ai pas de foin pour le poser et le protéger du sol gelé.

Les petites fées se regardèrent un instant, puis avec un hochement de tête entendu, répondirent toutes ensemble :

– Ne t’inquiète pas Doucie.

– Nous allons t’apporter du foin, continua Eréa.

– Nous te fabriquerons un abri, renchérit Elior.

– Et quand tu auras repris des forces, nous te raccompagnerons chez toi, conclut Elyne d’une voix douce.

Elles s’envolèrent de toute la force de leurs petites ailes et se dispersèrent dans le sous-bois.

Eréa et Elyne se hâtèrent jusqu’à la clairière des lutins. Elles les rameutèrent de leurs petites voix. Tous ensemble, ils se rendirent dans la prairie bordant la forêt et cueillirent par brassées les grandes herbes que l’automne avait laissées toutes jaunes et sèches.

De son côté, Elior se lança à la recherche de la famille chevreuil. Elle les découvrit dans un petit vallon, en train de grignoter les pousses d’un petit sapin.

Quand ils comprirent le problème, ils se joignirent à elle et se pressèrent de leur pas bondissant jusqu’au rocher qui camouflait Doucie.

Une fois sur place, les chevreuils coupèrent de leurs dents robustes de longues et fines branches. De leurs mains agiles, les lutins qui venaient d’arriver les tressèrent pour faire un abri à Doucie. Puis, ils installèrent en-dessous tout le foin qu’ils avaient apporté. Doucie s’avança péniblement puis s’allongea avec un bêlement soulagé sur cette couche moelleuse et chaleureuse.

– Merci à vous tous du fond du cœur, dit-elle avec reconnaissance. Maintenant mon agneau va pouvoir venir au monde paisiblement, tout est prêt pour l’accueillir.

Alors que chacun retournait à sa maisonnette, à son terrier ou son abri, les petites fées s’installèrent à l’entrée de la cabane pour veiller sur la future mère. Le soleil se couchait, et elles s’endormirent bientôt, sous la froide lumière des étoiles.

Au petit matin, un tendre spectacle les attendait : un petit agneau tout frêle, à la peau un peu plissée, était blotti tout contre Doucie et tétait avec avidité.

– Je l’ai appelé Béniel, annonça la brebis avec un sourire heureux.

Les petites fées assistèrent en riant aux premiers pas vacillants du bébé, durant la journée. Il ne tarda pas à gambader tout excité sur ses pattes fragiles, mais vite fatigué, il revenait bien vite dans le giron de la brebis pour téter goulûment et dormir longuement.

Quelques jours plus tard, Doucie estima que Béniel était prêt pour marcher plus longtemps. Les lutins et les chevreuils voulurent absolument être du voyage, et c’est tous ensemble qu’ils ramenèrent fièrement la brebis et son petit dans la fermette où ils habitaient.

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