Pourquoi et comment apprendre aux enfants à lire une carte ?

A l’heure du GPS, est-il encore utile de savoir lire une carte ?

Oui et encore oui.

La carte aide l’enfant à construire sa représentation de l’espace. Elle lui permet de se situer dans le monde, d’avoir un nouvel outil de représentation du monde. Le passage de la 3D du monde réel à la 2D de la carte est extrêmement important dans la construction des facultés d’abstraction des enfants. Il semblerait que les compétences spatiales des enfants soient d’ailleurs tout aussi déterminantes dans leur orientation future que leurs compétences mathématiques.

De plus la carte permet d’avoir une vision large de son environnement, et procure donc une réelle liberté : je décide de passer par ici, même si c’est plus long, parce que je veux observer telle chose au passage. Je peux choisir un raccourci, je peux éviter un embouteillage…

Or la recherche montre qu’un enfant est capable de comprendre une carte simple dès l’âge de trois ans, et qu’il progresse très vite à cet âge-là. Alors, pourquoi se priver de cet apprentissage si ludique ?

Le principe est de partir de l’environnement le plus proche de l’enfant, pour peu à peu l’élargir. En ceci, on suit l’agrandissement progressif de sa vision du monde. Les âges que je propose sont très indicatifs, cela dépend énormément de chaque enfant (sans que cela ne signifie rien en terme d’avance ou de retard ! Les enfants apprennent tous des compétences différentes à des moments différents…)

Quelques idées de jeux à mettre en place :

  • avec les enfants les plus jeunes (3 ou 4 ans), on peut commencer par dessiner une carte de la maison et / ou du jardin. Puis on joue avec cette carte : on peut par exemple dessiner ensemble un chemin à suivre sur la carte et on le parcourt ensemble. On peut aussi cacher quelque chose dans la maison, le matérialiser par une croix sur la carte et demander à l’enfant de partir à sa recherche.

 

  • à partir de 5 ans : on peut étudier le plan d’un village ou d’une petite ville (n’allons pas se perdre dans le plan de Paris ! beaucoup trop large). L’enfant repère les lieux connus de son environnement : sa maison, l’école… On peut lui apprendre à repérer certains symboles de cartographie comme ceux des églises ou des stades de sport, et certains codes de couleur : vert pour la forêt, le gris des constructions humaines, les routes. On peut lui faire découvrir le principe de la légende : quand je ne connais pas un symbole, je peux le chercher dans cet encart pour comprendre à quoi il correspond. Il est aussi possible de commencer des petits jeux de “cherche et trouve” : Où est la table de pique-nique ? Où est le cimetière ? Les codes cartographiques sont un langage nouveau avec lequel il faut se familiariser.

 

  • à partir de 6 ans : on commence à ouvrir la carte IGN au 25 000ème. La zone couverte est bien plus grande. L’enfant peut repérer son village, les villages alentours. Il joue à choisir la route qu’il prendrait pour aller d’un point A à un point B. Malgré tout l’échelle reste suffisante pour que les détails soient encore visibles. On peut continuer les jeux de “cherche et trouve”. C’est aussi le moment d’expliquer les lignes de niveaux.

 

  • une fois que l’enfant est familier de la carte au 25 000ème, il est possible de préparer avec lui l’itinéraire d’une future balade. Il faut alors lui apprendre à orienter la carte par rapport à sa position à lui. Commencez par de toutes petites balades, sur des chemins qu’il connaît. Puis peu à peu, vous pourrez lui confier la carte sur des parcours plus inhabituels.

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Clotilde (Chantecler) 19 février 2017 at 20 h 40 min

    Quelles bonnes idées, merci !
    Pour l’instant, nous avons étudié un plan de la ville, mais je profiterai des vacances à la campagne pour utiliser la carte IGN…

    • Reply Adeline 21 février 2017 at 16 h 18 min

      Avec plaisir, merci pour la visite et le petit message 🙂

    Leave a Reply