Conte pour fêter le printemps

Les aventures de nos trois petites fées continuent. Les voici qui vont rencontrer la déesse du printemps, Ostara, et faire plein de découvertes sur ce beau changement de saison.histoire enfants printemps


L’histoire :

La forêt s’éveille doucement, les oiseaux gazouillent depuis les premières clartés de l’aube, tandis qu’une brise légère et encore un peu froide souffle entre les branches couvertes de bourgeons des grands arbres.

Dans l’abri des trois petites fées, sous le vieux chêne, Elior ouvre les yeux et se précipite à la fenêtre. Un rayon de soleil lui chatouille le bout du nez.

– Il fait beau ! annonce-t-elle, réjouie, à ses sœurs encore endormies.

– Mmmmmm, lui répondent deux voix ensommeillées.

– Allez, allez, levez-vous ! Il est temps ! Profitons du soleil, les houspille Elior.

Elle tire la couverture d’Eréa, et asperge le visage d’Elyne avec quelques gouttes d’eau. Les deux dormeuses baillent, s’étirent puis sortent de leur lit, lentement.

Après un brin de toilette d’un petit morceau de mousse humide, les petites fées déjeunent d’une noisette coupée en trois, de quelques baies séchées et de brins de ciboulette sauvage qu’elles ont cueillis la veille. Puis, Eréa va à la porte qu’elle ouvre toute grande.

– Mais ! s’exclame-t-elle. Il pleut ! Tu nous as menti, accuse-t-elle furibonde.

– Pas du tout ! Je te promets qu’il faisait beau, se défend Elior d’un ton offusqué.

– Menteuse, je suis sûre que tu l’as dit exprès pour nous obliger à nous lever !

Elyne secoue la tête, résignée. Ses deux sœurs aiment bien se chamailler. Soudain, la terre tremble dans le nid des petites fées, une racine se soulève et renverse les deux adversaires sur le derrière.

– Ca suffit là-dedans, un peu de silence ! Je n’entends même plus ma sève monter.

Elyne rit sous cape, le vieux chêne qui les abrite aime sa tranquilité.

– Inutile de vous disputer pour si peu. Nous sommes en mars, explique l’ancêtre branchu, ce sont des giboulées. Cela ne va pas durer. Le soleil était là ce matin, comme l’a annoncé Elior, maintenant il pleut, et d’ici dix minutes il fera beau à nouveau.

Toute honteuse, Eréa s’approche d’Elior.

– Excuse-moi, tu avais raison.

– Pas de problème, répond celle-ci avec un sourire heureux.

Elyne prend la parole à son tour :

– Vieux chêne, tu écoutes ta sève monter ? répète-t-elle d’un ton intrigué.

– Oui, c’est le printemps tu sais. Tu as remarqué que désormais notre bébé soleil est un jeune homme fort et vigoureux. La journée dure à présent exactement aussi longtemps que la nuit. C’est le signe pour nous les arbres qu’il est temps de sortir du sommeil de l’hiver. Notre sève, qui s’était cachée dans les racines pour s’abriter du froid remonte dans le tronc et fait sortir nos bourgeons. Colle ton oreille contre mon tronc et si vous restez silencieuses, tu l’entendras.

Les trois petites fées obéissent à ce conseil. Dans le tronc rugueux, elles entendent comme un bruit à la fois tout proche et lointain de rivière qui coule.

– Allez petites fées. Le soleil brille maintenant. Sortez vite admirer les bourgeons de la forêt.

Elles ne se font pas prier et volettent à l’extérieur. L’air est encore frais, mais le soleil réchauffe leur visage.

Le jour est plein de chants d’oiseaux. Leur amie, demoiselle rouge-gorge est affairée à écouter les roucoulades d’un jeune demoiseau au poitrail flamboyant. Haut dans le ciel, un cri rauque retentit. Elles lèvent la tête et aperçoivent une troupe de grues cendrées volant en V dans la direction du nord.

Elyne propose :

– Tous nos amis oiseaux sont trop occupés à construire leurs nids pour jouer avec nous. Et si nous allions voir notre amie Doucie la brebis et son petit Béniel ?

Ses sœurs acceptent avec enthousiasme et elles se mettent en route pour la petite ferme de l’orée de la forêt.

Elles trouvent leur amie à la douce toison en train de paitre dans un pré parsemé de jonquilles. Les corolles jaunes se balancent doucement dans la brise matinale. Des bourdonnements empressés s’élèvent de tous côtés.

Soudain, Elior laisse échapper un hoquètement de surprise.

– Que, que, que… Que se passe-t-il ? demande-t-elle en désignant une touffe de fleurs.

Les autres s’approchent.

– Regardez, les jonquilles se déplacent !

Doucie se met à rire, et un gloussement de joie s’ajoute à son rire. Une poule aux plumes rousses qu’une bosse du terrain leur dissimulait apparaît alors.

– Ma chère dit-elle d’un ton amusé à Elior, mes petits ne sont pas des jonquilles, ce sont des poussins.

Elior éclate de rire à son tour devant sa méprise et s’approche des petites boules de duvet jaune pour les caresser du bout des doigts. Les poussins se pressent autour d’elle en pépiant.

Elyne la regarde en souriant. En relevant la tête, elle distingue une silhouette féminine entre les arbres de la forêt, qui semble danser.

Petit-Or se met alors à caqueter :

– Venez ici mes petits, venez, nous allons à la fête du Printemps chez Dame Islada.

– Mais oui, s’exclame alors Eréa, Dame Islada nous avait aussi invitées. Faisons route ensemble. Mais avant, je vais tresser quelques unes de ces jonquilles et m’en faire une couronne.

Leur front orné de fleurs printanières, les petites fées partent avec la brebis, la poule et leurs petits. En chemin, lapins, oiseaux, lutins se joignent à elles, et c’est en cortège qu’ils arrivent à la clairière d’Islada. L’herbe verte est parsemée de couleurs. Le doux rose d’une primevère voisine avec le jaune d’une petite ficaire. Les têtes aux reflets bleus d’une iris sauvage et d’une petite pervenche se penchent l’une vers l’autre et semblent deviser paisiblement. Les arbres sont parés de bourgeons.

A leur arrivée, les lutins allument un grand feu avec du bois mort et tous se mettent à danser et chanter autour.

Tout à coup, Elyne entrevoit la silhouette féminine qu’elle avait déjà vu Elle s’éclipse discrètement et part à sa rencontre.

Elle se trouve alors face à une jeune femme au teint éblouissant, aux yeux brillants et dont le sourire irradie de vie et de douceur.

– Bonjour Elyne, chantonne la jeune femme.

– Bonjour…

– Je suis la déesse du printemps, Ostara. J’allais me joindre à votre fête. Veux-tu bien marcher avec moi jusqu’à la clairière.

Emue, Elyne chemine aux côtés de la jeune femme qui avance de son pas dansant.

Lorsqu’elles pénètrent dans la clairière, tous les animaux, mus par un mystérieux instinct, reconnaissent la déesse et viennent sauter de joie autour d’elle. Ils l’entraînent dans une immense farandole au son de la musique des lutins.

Puis, lorsque le calme est revenu, Ostara prend la parole :

– Mes amis, le printemps est là, et je suis de retour. La chaude lumière du soleil m’a éveillée, j’arpente notre terre mère pour semer à tous horizons les graines que contient mon panier. Comme vous m’êtes très chers, j’ai envie de vous remettre à tous une poignée de graines afin que vous m’assistiez dans cette tâche. Cette idée vous plaît-elle ?

Tous bondissent de joie et acclament Ostara. Ils forment un grand cercle et la déesse s’avance vers chacun pour lui remettre des graines. Son panier semble infini tellement elle en sort.

Puis la musique et la danse reprennent de plus belle, et la fête se prolonge jusqu’à la nuit.


Si vous cherchez des activités pour célébrer le début du printemps, vous en trouverez dans cet article. Pour des lectures printanières, c’est ici.

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