La grossesse : 9 mois pour apprendre à lâcher-prise

Cette grossesse est encore une fois pour moi l’occasion d’apprendre beaucoup de choses. Elle se présente très différemment de ma première grossesse, et j’ai dû peu à peu lâcher prise. Au final, je pense que je vais ressortir grandie de cette expérience, mais cela n’a pas été sans mal.

Prendre le temps de la grossesse

Ma première grossesse avait été facile. Je me suis promenée jusqu’à la fin, des grandes promenades en forêt de Fontainebleau. J’ai fait du camping pendant mon 8ème mois de grossesse, nagé dans le lac longuement, marché dans les Alpes. J’ai jardiné (et même bêché à 5 mois de grossesse !).

J’étais en pleine forme et heureuse de vivre une telle expérience.

Et puis cette fois-ci… J’ai eu des contractions très tôt, des contractions fortes, incessantes. Dès que je marche un peu, dès que je fais un mouvement un peu important. J’ai dû m’allonger plusieurs fois par jour pendant deux mois pour limiter ces contractions. Même l’ordinateur me donne des contractions (la position assise n’est vraiment pas idéale). On m’a dit que c’étaient des signaux du bébé. “Maman, prends le temps, arrête toi”. Pourtant, je n’avais franchement pas l’impression d’en faire trop ! Mais malgré tout, j’ai appris. Appris à m’arrêter, à rester à la maison, à me reposer, à me protéger des émotions fortes car c’est radical, je contracte directement. Et je trouve maintenant du plaisir dans ce rythme d’escargot. Je communique davantage avec mon bébé, j’ai appris à le toucher à travers le ventre, à communiquer avec lui. Je peux faire de la peinture, du dessin, écrire. Au lieu de jardiner, je me couche dans l’herbe. A la place des longues balades, on fait des mini-sorties dans notre petit bois, je regarde ma fille jouer.

prendre le temps de la grossesse vivre sa grossesse avec lenteur

Je veux accoucher comme ça

J’ai le projet d’accoucher en maison de naissance, à Sélestat. C’est un très beau projet et qui me tient vraiment à cœur, j’aurai l’occasion d’en reparler. Et pourtant… j’ai compris rapidement qu’il fallait aussi que j’envisage d’autres possibilités. En effet, les maisons de naissance étant une expérimentation, l’accouchement en leur sein est très réglementé. Alors si… je prends trop de poids, mon fer baisse trop, le bébé est présumé trop gros, l’hématologue ne donne pas son accord (mes facteurs sanguins ne plaisent pas à ces messieurs/dames les docteurs), l’accouchement se présente trop tôt ou trop tard… je ne pourrai pas accoucher là-bas. Dur !

Mais là aussi j’ai appris. J’ai appris qu’on peut relâcher la pression psychologique sur un souhait, même très profond. J’ai appris que moins on est crispé sur sa position, mieux ça se passe ; j’ai appris à envisager d’autres solutions, à me projeter dans différents scénarios. Et ainsi, si cela doit se passer différemment de mon souhait, je pourrai rester malgré tout présente à mon bébé, au lieu de me crisper sur ma déception.

apprendre à lacher prise

Pour cette évolution, j’ai été beaucoup aidée par les sages-femmes qui me suivent et qui sont vraiment extraordinaires, j’aurai l’occasion également d’en reparler, ainsi que par les vidéos de Maïtié Trelaun, une sage femme qui tient le site internet : http://www.metamorphose-naissance.com/ Dans de courtes émissions intitulées “Le temps d’un thé”, elle nous propose une réflexion sur différentes thématique. Elle parle par exemple de la question “Je veux accoucher dans l’eau”. Sur cette affirmation péremptoire, elle explique que même si cela peut paraître le plus physiologique, le plus adapté etc… parfois cette solution n’est pas la meilleure, et qu’il faut savoir rester à l’écoute du corps et de l’accouchement tel qu’il se déroule et non tel qu’on rêverait de le voir se dérouler. J’ai donc élargi cette réflexion à la maison de naissance. Je me dis que même à l’hôpital, si je suis sûre de moi, je peux tout à fait vivre un bel accouchement. J’ai pris le temps de rédiger un projet de naissance. J’attends maintenant le terme avec une bien plus grande sérénité.

La grossesse est donc bien le temps d’un apprentissage, la future maman a neuf mois pour apprendre à être à l’écoute de son corps, comme elle sera à l’écoute de son bébé après la naissance.

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