5 pistes de réflexion pour favoriser la concentration des enfants dès le plus jeune âge

La concentration des enfants est un sujet qui préoccupe bien des parents et des éducateurs. Les générations actuelles sont décrites comme les générations du zapping. On passe d’une activité à l’autre, en quelques minutes voire quelques poignées de secondes. Et par conséquent les enfants rencontrent plus de difficultés à l’école, mais aussi dans la vie quotidienne où on a l’impression qu’ils ne réussissent pas à se poser.

Quelles pistes pouvons-nous explorer afin de favoriser la concentration de nos enfants et ce, dès le plus jeune âge ?

Cet article se propose de vous offrir des pistes de réflexion. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous sommes des parents en recherche. Je vous livre donc les fruits de ma recherche, de mes observations, tant dans ma vie de maman, que d’enseignante. Je ne réussis pas à tout mettre en place au quotidien (loin de là !), mais j’y aspire. J’espère que ces idées pourront être sources d’inspiration pour vous aussi.

aider enfants à se concentrer concentration

  • Respecter sa concentration naturelle

Nos enfants sont concentrés naturellement. Ils savent observer la même chose pendant longtemps, ou alors manipuler un objet inlassablement. Celui qui a déjà observé un tout jeune enfant en train de vider consciencieusement le tiroir du bureau de maman ou papa en est témoin : l’enfant est capable d’une trèèèèès grande concentration.

Cependant, très souvent, cette concentration ne s’applique pas à un objet qui nous convient, ou alors au moment qui nous convient… et nous brisons la concentration de l’enfant en l’interrompant. Par exemple, l’enfant est très concentré à vider le pot de trombones. Il peut passer au moins une demi-heure à faire ça. Mais ça ne nous plaît pas, des trombones partout par terre… Ou alors, l’enfant sur le chemin du retour de l’école découvre un escargot et décide de l’observer pour voir par où il va aller. Mais ce n’est pas le bon moment, nous avons le repas du soir à préparer, la lessive à faire etc…

Et après on nous dit… “Il change d’occupation toutes les trois minutes, il ne sait pas rester concentré…” Mais évidemment ! La société adulte l’a habitué à ne pas suivre son intérêt, à ne pas respecter la source intérieure de sa concentration profonde. Par conséquent il s’habitue à papillonner.

Donc la première piste à explorer si on veut développer la concentration de son enfant, c’est tout simplement de ne pas brimer sa concentration naturelle, de nous détendre, d’accepter, de lâcher prise en le voyant faire ce qui pourrait nous crisper un peu et n’est finalement pas si grave (les trombones ça se ramasse ! on souffle un bon coup et on observe son petit air concentré…).

Eviter les bruits de fond

Lorsqu’il y a un bruit de fond dans un pièce, une partie de notre cerveau est connectée à ce bruit. Par conséquent, nous ne pouvons consacrer 100% de notre attention à ce que nous sommes en train de faire. C’est pareil pour nos enfants.

Aussi, même si on a l’impression que le petit peut continuer de jouer sur le tapis sans être absolument perturbé par le bruit de la télévision que nous sommes en train de regarder, peut-être vaut-il mieux éviter de la regarder quand il est là.

Les bruits de fond sont à éviter. Si on veut écouter de la musique, prenons le temps de le faire vraiment, en pleine conscience, plutôt que de s’en servir pour masquer le silence (qui peut-être nous effraie ?…).

Jean Epstein et Chloé Radiguet, dans leur livre l’Explorateur nu, insistent sur l’importance de réserver à la musique une place particulière, tout à fait consciente, dans la journée de l’enfant :

Ces temps d’écoute musicale doivent rester des instants privilégiés dans la journée de l’enfant. De trop longues écoutes aboutiraient plutôt, par un effet de saturation bien compréhensible, à une lassitude et à un abrutissement fort éloignés du but d’éveil recherché.

La concentration des parents

Peut-être pourrions-nous commencer par donner “le bon exemple”… Se connecter avec bébé pendant la tétée ou le biberon au lieu de discuter ou bouquiner. Discuter avec lui pendant qu’on lui change la couche. Lui parler quand nous l’habillons. Eviter absolument de consulter notre smartphone si nous sommes en train de faire quelque chose avec lui.

Il s’agit ici d’être dans une démarche d’éducation consciente, et c’est bien difficile. Combien de fois j’ai mis les chaussures à ma fille tout en continuant ma conversation avec l’adulte présent. Combien de fois j’ai voulu allaiter en bouquinant (bébé lutin m’a vite fait comprendre qu’il n’était pas d’accord 😀 Les enfant sont nos maîtres en terme de pleine conscience !!). Mais quel beau défi !

Si nos mains s’occupent de l’enfant, essayons que nos yeux et notre cerveau s’occupent aussi de lui, à 100%. Ainsi, il verra que nous faisons une seule chose à la fois, que nous nous concentrons, que nous lui offrons toute notre attention. Et de cette façon, il saura qu’il est possible de donner toute son attention à une seule chose, au lieu de se disperser.

D’autres pistes pour développer la pleine conscience parentale :

http://explorerensemble.com/2016/10/23/comment-les-enfants-nous-apprennent-a-vivre-en-pleine-conscience/

Savoir se concentrer sur les choses simples

On lit partout des propositions pour “éveiller” nos enfants. On peut acheter des centaines de jeux éducatifs, trouver des livres/activités pour éveiller leurs sens, leur apprendre à compter etc… Mais est-ce que ces multiples activités d’éveil n’habituent pas nos enfants à être hyper-stimulés ? Par conséquent, l’enfant apprend peu à peu à se concentrer seulement s’il est dans une stimulation intense, qui le met en alerte. Peut-être serait-il bon de ralentir, de lui laisser faire ses découvertes par lui-même. L’enfant a soif d’exploration, laissez-le ouvrir les placards, découvrir leur contenu, emmenez-le dehors. S’il a peur au début et n’ose pas marcher à quatre pattes dans l’herbe, pas de panique, il a toute la vie pour le faire. N’essayez pas de l’inciter à y aller. Un jour, un papillon passera et il aura envie de lui courir après et se lancera.

En le laissant se concentrer sur les choses simples de son environnement, on respecte sa curiosité naturelle sans la forcer. On l’habitue à se satisfaire de petites choses simples. Aussi plus tard, il saura se concentrer sur des livres qui racontent des histoires simples, et n’aura pas besoin nécessairement de lire un roman où 50 zombies se font trucider à chaque page. Il trouvera du plaisir à jouer simplement dehors avec une corde à sauter, sans avoir besoin d’avoir dans son jardin tout l’équipement d’une salle de sport.

Attention, il ne s’agit pas non plus de s’interdire toute activité d’éveil avec son enfant, loin de là. Cette piste de réflexion vous propose simplement de laisser une part importante à la liberté de découvrir seul à votre enfant. Si vous lui proposer une activité d’éveil le matin pendant un temps donné, laissez le ensuite libre une longue plage horaire avec seulement à sa disposition cet immense espace de découverte qu’est votre maison ou votre jardin. Inutile de savoir déjà manipuler à 18 mois tour rose, escalier marron, blocs de cylindre, puzzles etc… Ces activités sont fantastiques pour les enfants, autant les découvrir petit à petit, quand c’est le moment, et les savourer paisiblement.

Trouver les activités adéquates

Nous l’avons dit, les activités d’éveil ne sont pas à bannir, loin de là. Par contre, il est important de choisir les bonnes. Maria Montessori a insisté longuement sur l’importance d’observer l’enfant.

La qualité fondamentale pour le parent  ou l’éducateur est de savoir observer.

En observant notre enfant, nous pouvons lui proposer les activités qui seront adaptées à l’étape de son développement. On entend souvent dire que les capacités de concentration d’un enfant sont d’une à deux minutes. Je suis persuadée que c’est faux. La concentration de l’enfant est ainsi réduite quand ce qu’on lui propose n’est pas adapté à lui, ne répond pas à ses besoins intérieurs. D’ailleurs, sincèrement, si je vous fais cours sur la conjugaison du subjonctif imparfait, quelle sera votre durée de concentration ?

Si l’activité au contraire intéresse l’enfant, il sera capable de s’y adonner pendant des heures. Ma fille a trié des pois chiches et des haricots secs des heures durant. C’était merveilleux de l’observer. Au contraire, mon fils n’est pour l’instant pas du tout intéressé par ça, mais par contre, quelle passion pour le tiroir du bureau de papa, ou pour l’étagère du bas de la bibliothèque du salon. Il ne s’en lasse pas…

Conclusion :

Pour résumer, cet article tient dans le titre du premier paragraphe : “respecter la concentration naturelle de l’enfant”. Que ce soit en évitant de l’interrompre, en lui offrant un cadre calme, en nous montrant nous aussi attentif à ce que nous faisons quand nous sommes avec lui, en le laissant s’occuper par lui-même, et enfin en lui proposant les activités qui correspondent à ses besoin actuels et personnels, nous favoriserons la puissance de sa concentration naturelle.

Credit photo : unsplash


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