La mort, l’amour, la vie, expérience de la résilience

Je n’y pensais pas tellement avant, mais la mort de mon bébé m’a confrontée à la réalité de la mort, de l’impermanence, de la fragilité de la vie. Alors j’ai peur. Peur pour eux, eux qui sont ma chair, mon sang, mon cœur, mes enfants. Peur pour moi, je ne supporterai pas qu’il leur arrive quelque chose, je n’aurai plus la force de supporter cette souffrance, j’ai épuisé mes capacités de résilience. Cette pensée m’effraie depuis de longues semaines.résilience mort
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Et puis, ce matin, je suis allée courir au milieu des flocons de neige. Sur la route, seule, entourée par ces papillons blancs et légers, accompagnée simplement du bruit de mes pas sur le sol. J’ai soudain pensé que je pouvais ne plus avoir peur, j’ai porté un regard serein et plus juste sur ma relation avec mes enfants et la façon dont elle a évolué depuis le décès de mon bébé, et j’ai retrouvé une forme de paix.
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J’ai énormément souffert à la mort de mon bébé, car j’avais le sentiment de ne pas avoir pu lui manifester mon amour de maman, et le lui offrir. Offrir de l’amour, du lait, des bras, de la tendresse, des câlins, de l’affection, de la présence… Offrir tout simplement. Il n’a pas pu naître, il n’a pas pu vivre, je n’ai pas pu le bercer. Ce manque a été l’une des plus terribles douleurs de ce deuil si particulier.
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Mes deux autres enfants eux sont là, bien là. Je peux adoucir ma peur de l’avenir en leur donnant tout le bonheur possible, dans chaque instant de notre vie. Je peux investir le moment présent totalement. Si jamais il devait leur arriver quelque chose, je saurai que la vie qu’ils ont eue, peu importe sa durée, aura été heureuse. Je veux leur donner tout le bonheur possible, les entourer d’amour, les rassurer, vivre dans un univers de joie et de légèreté avec eux. Finalement, c’est ça la résilience.
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La mort m’a rapprochée de la vie, m’a montré avec une douloureuse acuité combien la vie était belle, combien j’étais heureuse. Elle m’a rappelé combien j’aime mes enfants et combien leur présence me remplit de bonheur.
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J’ai une pensée tendre envers mon bébé, et je le remercie pour tout ce qu’il est, qu’il a été, et tout ce qu’il m’a donné.

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