L’accompagnement globalisé de la grossesse

J’ai fait le projet d’accoucher en maison de naissance. Comme je l’ai expliqué dans un précédent article, différents paramètres auraient pu m’empêcher d’accomplir ce rêve. Et pourtant, même si au dernier moment cela n’avait pas été possible, l’accompagnement proposé par les sages-femmes dans la préparation à la naissance a été tellement formidable, que je serais restée heureuse et comblée par ce choix.préparation naissance accouchement physiologique naturel sage-femme

L’accompagnement globalisé : avant, pendant, après

J’ai été suivie par un trio de sages-femmes, afin de connaître les trois personnes susceptibles d’être présentes à mon accouchement. L’une d’elle assurait mon suivi médical, et elles se répartissaient les séances de préparation à l’accouchement. La préparation à l’accouchement est individuelle. Elles ont répondu à toutes mes questions, m’ont aidée à avancer dans ma réflexion, dans mes projections, mes peurs, mes représentations… On a fait un véritable travail physique de préparation à la naissance, sur les positions notamment. Elles m’ont assuré un soutien psychologique très fort.

Ce suivi régulier dans la préparation m’a permis de prendre une réelle confiance dans mon projet de naissance, dans mon corps, dans mes capacités à accoucher.

Lors de l’accouchement, j’ai appelé la sage-femme de garde à ce moment-là, qui a suivi tout le déroulement de l’accouchement à la maison de naissance, puis m’a suivie à la maternité attenante lorsque des raisons médicales ont exigé le transfert. Par chance j’ai accouché ensuite très rapidement et elle est restée avec moi jusqu’au bout. C’aurait été le seul moment où nous aurions pu nous retrouver mon conjoint et moi avec une équipe inconnue. En effet, le transfert à la maternité implique un transfert de responsabilité et donc d’équipe une fois les transmissions faites.

Ces trois sages-femmes sont ensuite venues me voir à la maison pour assurer mon suivi et celui du bébé. Elles m’ont été d’un soutien très important pour les débuts de l’allaitement. Je pensais qu’ayant allaité une première fois pendant 22 mois cela coulerait de source, mais chaque allaitement, chaque bébé est différent. Et puis, après avoir allaité un bambin, je n’avais plus les réflexes de la mise au sein d’un nourrisson, et de l’aide était la bienvenue pour surmonter les petites difficultés du début.

La visite post-natale a été faite également avec la sage-femme qui m’a accouchée, ce qui nous a permis de revisiter l’accouchement. Nous avons pu discuter de son déroulement, de mon ressenti, dénouer certaines choses… Connaissant mon accouchement, elle savait ce que j’avais vécu, ce que mon corps avait vécu, et donc pourquoi mon périnée était plus fatigué d’une façon que d’une autre. Elle a pu m’aider à reparler de certains moments difficiles, et à porter un regard entièrement apaisé sur ce que j’avais vécu.

La confiance qui naît de la régularité

Pour un peu mieux comprendre d’où vient ce sentiment de sécurité procuré par l’accompagnement globalisé, j’ai fait un rapide calcul du nombre de personnes (toutes très compétentes et pour la plupart sympathiques) qui m’avaient accompagnée lors de ma première grossesse : mon médecin traitant pour le suivi des 6 premiers mois, un gynécologue de l’hôpital pour les 3 derniers mois, une sage-femme libérale pour la préparation à la naissance puis la rééducation du périnée, une première sage-femme lors de mon arrivée à l’hôpital pour l’accouchement, une deuxième sage-femme pour toute la fin de l’accouchement (et peut-être quelques autres, mais je n’en ai plus souvenir), une troisième pour la suture et les soins avant le retour à la chambre, une infirmière anesthésiste, une puéricultrice pour l’arrivée du bébé, une série d’au moins trois sages-femmes, une infirmière, des auxiliaires de puériculture et des aides-soignantes pendant mon séjour à la maternité

Au total pas moins de 15 personnes au minimum, dont la plupart rencontrées juste dans les instants critiques où j’avais besoin d’un accompagnement solide (l’accouchement et les débuts de l’allaitement).

Dans ces instants, il est plus facile de faire confiance à quelqu’un que l’on connaît, avec qui on a pu discuter, avec qui on a pu évoquer ses peurs, ses barrières, ses souhaits… Ce qui devait être négocié l’aura été en amont, et pas dans l’urgence sous l’emprise du stress (elles m’ont d’ailleurs aidé à rédiger mon projet de naissance au cas où l’accouchement aurait lieu à la maternité). Le fait en plus de voir toujours la même personne pendant la préparation à l’accouchement, et de savoir qu’elle sera là le jour J permet également de creuser certaines questions, de traverser ses pudeurs, ses peurs, d’aller au bout de certaines problématiques. J’ai le sentiment d’avoir vraiment grandi pendant cette préparation à la naissance, d’avoir appris des choses sur moi. J’ai aussi la certitude très nette d’avoir vraiment mieux compris le mécanisme de l’accouchement et de ce qui se passe pour la maman et pour le bébé. Je ferai d’ailleurs certainement un article sur toutes ces choses que j’ai comprises car cela me paraît important d’en parler.

Aussi, vivement que ces maisons de naissance pour l’instant expérimentales se répandent rapidement à travers la France, afin que toutes les femmes qui le souhaitent puissent faire ce choix d’un accompagnement globalisé de la grossesse, de la naissance et du post partum.

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